Du 8 au 23 février 1992, la Savoie entière devient un stade olympique. Les XVIes Jeux olympiques d'hiver, officiellement baptisés « Jeux d'Albertville et de la Savoie », réunissent 64 nations et environ 1 800 athlètes autour de 57 épreuves. Plus de trente ans après, leurs traces se voient encore dans les stations, et leur souvenir reste vivace chez les Savoyards.
Une candidature savoyarde portée par Killy et Barnier
L'idée naît au début des années 1980 : faire des Jeux non pas dans une seule ville, mais dans toute une vallée. Albertville, petite ville au confluent de l'Arly et de l'Isère, s'appuie sur les grandes stations de la Tarentaise. En octobre 1986, à Lausanne, le Comité international olympique la préfère à six autres candidates : Anchorage, Berchtesgaden, Cortina d'Ampezzo, Falun, Lillehammer et Sofia.
Le comité d'organisation est co-présidé par deux Savoyards : Jean-Claude Killy, triple champion olympique en 1968, et Michel Barnier, alors président du conseil général de la Savoie. Ce sont les troisièmes Jeux d'hiver organisés en France, après Chamonix en 1924 et Grenoble en 1968.
Des épreuves éclatées dans toute la Tarentaise
Albertville n'accueille « que » 18 épreuves : le patinage artistique, le patinage de vitesse et le short-track, ainsi que les cérémonies. Le reste se joue en montagne, dans des sites devenus mythiques :
- Val d'Isère : le ski alpin masculin (descente, super-G, géant, combiné) sur la face de Bellevarde ;
- Les Ménuires : le slalom masculin ;
- Méribel : le ski alpin féminin et le hockey sur glace ;
- Courchevel : le saut à ski et le combiné nordique, sur les tremplins du Praz ;
- La Plagne : le bobsleigh et la luge, sur une piste construite pour l'occasion ;
- Les Saisies : le ski de fond et le biathlon ;
- Tignes : le ski acrobatique ;
- Pralognan-la-Vanoise et Les Arcs : le curling et le ski de vitesse, en démonstration.

Le village olympique est installé à Brides-les-Bains. Ces Jeux voient aussi entrer au programme officiel le ski acrobatique, le short-track et le biathlon féminin.
Une cérémonie d'ouverture entrée dans l'histoire
Le 8 février, au théâtre des Cérémonies d'Albertville, le président François Mitterrand ouvre les Jeux. La mise en scène, confiée au chorégraphe Philippe Decouflé, surprend le monde entier avec ses danseurs-élastiques et ses costumes extravagants. La vasque est allumée par Michel Platini et un jeune Savoyard, François-Cyrille Grange. La patineuse Surya Bonaly prononce le serment des athlètes.
La mascotte, Magique, est un petit lutin en forme d'étoile imaginé par Philippe Mairesse.

Les médailles : l'Allemagne devant, la France septième
L'Allemagne, qui participe pour la première fois depuis sa réunification, termine en tête avec 26 médailles dont 10 en or. Elle devance l'Équipe unifiée (l'ex-URSS, 23 médailles) et la Norvège (20 médailles).
La France se classe septième avec 9 médailles (3 en or, 5 en argent, 1 en bronze) :
- Or : Fabrice Guy en combiné nordique, Edgar Grospiron en ski de bosses, et le relais féminin de biathlon (Anne Briand, Véronique Claudel, Corinne Niogret) ;
- Argent : Sylvain Guillaume (combiné nordique), Olivier Allamand (bosses), Isabelle et Paul Duchesnay (danse sur glace), Carole Merle (super-G) et Franck Piccard (descente) ;
- Bronze : Florence Masnada en combiné alpin.
Un héritage toujours visible
Albertville 1992 reste les derniers Jeux d'hiver organisés la même année que des Jeux d'été (Barcelone) : à partir de Lillehammer 1994, les deux éditions sont décalées de deux ans. Ce sont aussi les derniers Jeux d'hiver à présenter des sports de démonstration.
Sur le terrain, l'héritage est bien réel : la halle olympique d'Albertville accueille toujours patineurs et hockeyeurs, la piste de La Plagne accueille toujours entraînements et compétitions internationales, tout comme les tremplins de Courchevel. Les routes d'accès à la Tarentaise ont aussi été largement modernisées pour l'événement. Le coût de ces aménagements a cependant été très discuté à l'époque.

Avec les Jeux d'hiver 2030 attribués aux Alpes françaises, la Savoie s'apprête à revivre l'aventure olympique, près de quarante ans plus tard.
Sources : Jeux olympiques d'hiver de 1992 — Wikipédia, 1992 Winter Olympics — Wikipedia.
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